28/11/20 - 18:00 pm


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Résumé de la discussion

Posté par: Sophie Lim
« le: Hier à 14:04 »

Intriguée par le résumé bien plus que par le titre que je trouve trop vague, je souhaitais découvrir ce livre qui ne répondait pas aux codes classiques du polar ni aux romans feel-good habituels. La plume parfaitement maîtrisée de l'auteur m'a littéralement emportée et m'a donné envie, dès les premières pages, d'en savoir plus sur Nathaniel, un gars ordinaire auquel on s'identifie facilement, et ce, malgré quelques longueurs. J'ai été conquise par le style de l'auteur qui utilise un vocabulaire riche mais vernaculaire, accessible au plus grand nombre.

Les chapitres sont assez courts, ce qui ravira ceux qui ont besoin de repères et qui ne lisent pas d'une traite, comme moi. Le découpage judicieux des chapitres constitue donc un plus à mon sens.

La vie "monotone" de Nathaniel basculera le jour où il rencontrera Anna, une dame âgée qui lui proposera un travail non dénué de surprises, comme en témoigne le cadavre qu'il aura sur les bras, lorsqu'il prendra ses fonctions à l'hôtel. Bien que le thème policier soit abordé, la force du roman ne réside pas dans la résolution de l'enquête, mais dans la faculté de l'auteur à dédramatiser et à amener le lecteur à s'intéresser à la psychologie des personnages, via un humour savamment dosé.

On prend plaisir à suivre les personnages tout au long de l'histoire. Anna, la septuagénaire un peu rêche et un brin autoritaire, ne m'avait pas semblé sympathique, de prime abord, mais j'ai appris à l'apprécier au fil des pages. On se surprend même à trouver des circonstances atténuantes à l'assassin dont l'histoire nous paraît finalement émouvante, malgré l'ignominie de son acte et l'état du cadavre, façon puzzle ou vieux tacot en pièces détachées.

En dépit d'une lecture très divertissante, je mets un bémol sur la fin que je trouve un peu rapide. Peut-être est-ce là la volonté de l'auteur, qui tient à nous faire comprendre qu'il y aura une suite ? Si c'est le cas, je la lirai sans hésiter. Quoi qu'il en soit, c'est un roman qui sort de l'ordinaire et je suis prête à le recommander à mon meilleur ami, toujours avide de nouvelles lectures. Un grand bravo à l'auteur.
Posté par: Apogon
« le: jeu. 19/11/2020 à 15:26 »

De circonstance de Nicolas Vallier



Le plus haut degré de la sagesse humaine est de savoir plier son caractère aux circonstances et se faire un intérieur calme en dépit des orages extérieurs.
Daniel Defoe, Robinson Crusoé



1

Un chaton noir et gris s’était faufilé à travers les barreaux d’un vieux soupirail. D’abord hésitant, à la manière toute naturelle d’un chat, il avait progressé de son pas léger jusqu’à disparaître totalement. En soi, cette scène n’avait rien d’insolite. Les félins, curieux et chasseurs, renoncent rarement à découvrir de nouveaux territoires. La peur leur est étrangère. Elle ne l’est pas pour les hommes. Combien se glisseraient à travers les barreaux d’un vieux soupirail pour pénétrer dans une pièce sombre et humide, un niveau sous terre, infestée de rats et d’araignées, livrée à d’obscures puissances souterraines parmi lesquelles les forces cachées et incontrôlables de notre inconscient ? Nathaniel souriait à l’idée de ramper sur le trottoir pour gagner les profondeurs de cette vieille maison devant laquelle il passait à pied tous les matins. Il s’imaginait se glisser à travers ces barreaux sous le regard médusé des autres passants et visualisait le moment ultime où ses pieds s’agiteraient une dernière fois avant d’être eux aussi avalés par cette bouche.

Sorti de sa rêverie, il accéléra le pas : les trains, pourtant très souvent en retard, ne le sont jamais lorsque vous l’êtes. Il lui était déjà arrivé de débouler sur le quai à bout de souffle, une minute avant le départ, et de constater que les portes se refermaient déjà et qu’aucune négociation ne pouvait être envisagée avec l’agent d’escale, récalcitrant par nature. Ce matin-là, il sauta dans le wagon deux minutes précisément avant la fermeture des portes. Le train ne partit qu’une demi-heure plus tard pour une raison indéterminée. Pendant ces trente minutes, les rames se remplirent jusqu’à ne plus pouvoir accueillir de passagers. Rapidement, les premiers « Mais avancez, merde, il y a de la place au milieu ! » se firent entendre avec pour réponse, invariablement : « Non, c’est bondé, on ne va pas se monter dessus quand même ! » Dans ces conditions, Nathaniel devait renoncer à sa sieste matinale et parfois même, en fonction du niveau de décibels émis par les voyageurs du matin, à la lecture de son roman.

S’il était chanceux, il arrivait à n’être entouré ni d’étudiants, écouteurs vissés sur les oreilles, dont le volume élevé les frapperait sûrement de surdité précoce (une réjouissance au vu du désagrément subi), ni de ces bonnes femmes qui se déplaçaient par petits groupes de deux, trois ou quatre individus, disposées à témoigner devant la plus grande audience possible de leur vie de mère, de femme, de belle-fille et d’employée. La gastro-entérite du petit Théo qui avait nécessité en pleine nuit le changement des draps de son lit, les accusations déguisées de la belle-mère sur la tenue de la maison, les performances professionnelles du mari (ou sexuelles, variante appréciée notamment le vendredi, peut-être en vue des réjouissances du week-end ?), le harcèlement moral de leur patron décrit par commodité comme psychopathe et sadique : tout était passé en revue, sans limite aucune, sans retenue, sans respect pour leurs voisins d’infortune ne désirant pas avoir à subir leurs diarrhées verbales dès sept heures du matin.

Nathaniel, quand il le pouvait, appliquait une stratégie qui avait souvent donné de bons résultats. De manière purement factuelle et sans misogynie aucune, il avait en effet constaté qu’il était préférable de s’installer dans un espace à dominante masculine, les hommes préférant dormir, regarder un film sur leur ordinateur portable, s’enfermer dans des jeux abrutissants sur leur téléphone mobile ou encore répondre à quelques mails professionnels tout en enregistrant des données en apparence hautement confidentielles et d’importance sur leurs fichiers de travail. L’individualisme avait du bon car il s’exprimait en silence.

Nathaniel, quand il le pouvait, appliquait donc cette stratégie. Ce jour-là, il n’avait pas pu. Les conditions n’étant propices ni à une sieste qui prolongerait sa courte nuit ni à la lecture du roman du moment, il s’arma de son téléphone pour lire des articles de presse, moins exigeants sur le niveau d’attention requis. Le premier titre portait sur une énième étude dédiée à la solitude dans notre monde moderne, ce qui ne l’intéressait pas de prime abord. Il s’attendait aux constats habituels sur la dégradation des relations humaines face à la virtualisation grandissante de nos vies, avec en conclusion, une ouverture métaphysique sur la solitude : quid du chat, des poissons rouges, de l’esclave domestique Philippine ?

Un deuxième titre, dans l’océan d’actualités du jour, éveilla sa curiosité et son imagination : « Un curé à Pigalle : entre grâce et disgrâce. » L’article relatait en quelques lignes les éléments de l’affaire. Un curé de province officiant dans une petite paroisse de campagne prélevait depuis quatre ou cinq ans une partie de la quête pour s’offrir des allers-retours discrets et réguliers à Paris. Ses escapades étaient agrémentées de nuits à l’hôtel, de préférence en bonne compagnie (mais par manque de charité, ces dames se faisaient payer) et de dîners peu onéreux dans des restaurants asiatiques le plus souvent. Il lui arrivait même de se rendre dans des salons de tatouage. Ainsi fut provoquée sa perte : dans l’un d’eux, à deux pas de la Place Pigalle, il fut démasqué. Le fils de l’une de ses plus ferventes grenouilles de bénitier fréquentait aussi, par malchance, ce lieu. Un cliché à la dérobée du curé secrètement tatoué faisait, le soir même, le tour du village via les réseaux sociaux. L’enquête révéla par la suite que le Père A*** n’était pas que tatoué. Afin de ne pas éprouver la susceptibilité de ses paroissiens et paroissiennes, il avait choisi de se faire percer une partie de son corps que nul n’était censé découvrir un jour. Mais un Prince Albert pour un prince de l’Église allait rester un détail éternellement impardonnable pour ses ouailles et pour la Justice. Quelle morale tirer de cette histoire, Nathaniel n’en avait aucune idée.

2

À moitié réveillé, déjà fatigué, complètement désabusé, rageant contre la RATP qui ne parvenait décidément pas à respecter les horaires de ses trains dont les retards n’étaient définitivement plus quantifiables, Nathaniel sauta à Paris Saint Lazare et récupéra son vélo pour se rendre au bureau. Les deux petits kilomètres qui le séparaient de son lieu de travail ne lui offraient guère de répit et encore moins un réveil en douceur. Le réveil était brusque, pollué, bruyant et potentiellement mortel s’il ne prêtait pas attention aux automobilistes parisiens qui, le matin, lui ressemblaient étrangement : à moitié réveillés, déjà fatigués et complètement désabusés.

Cette vie de banlieusard commençait à virer au cauchemar. Plein d’illusions en arrivant à Paris cinq ans plus tôt, déterminé à profiter pleinement de tous les attraits de la capitale, il prit rapidement conscience que rien ne se passait comme il l’avait imaginé. Cinq ans plus tard, le constat avait empiré. Et, pour la première fois de sa vie, il se demanda comment il allait s’en sortir. Nathaniel avait été pourvu d’un tempérament optimiste. Les difficultés qu’il rencontrait ne l’abattaient généralement guère plus d’une journée. Mais son expérience parisienne avait mis à mal sa disposition naturelle à l’insouciance et à la légèreté, disposition qui le poussait toujours à voir le bon côté des choses. Seule son apparence reflétait encore sa nature profonde, résolument enjouée et confiante en toutes circonstances : une démarche assurée, un corps agile, des éclats lumineux dans les yeux, un sourire charmeur, une chevelure volontairement désordonnée pour signifier toute absence de rigidité morale ou d’inflexibilité.

L’entreprise qui l’avait embauché à l’époque et qui avait financé son déménagement depuis la province, avait à ses commandes un couple de quinquagénaires bordelais spécialistes de l’aménagement intérieur, réputés en tant que brocanteurs et amateurs de Feng Shui convaincus. De vrais bobos, artistes dans l’âme, au cœur généreux. Leurs banquiers étaient dénués de ces qualités. La sentence tomba rapidement : le couple mit la clé sous la porte le premier jour de l’été. La perte de son emploi fut évidemment pour Nathaniel l’événement déclencheur de ce revirement de situation et de la désillusion latente qui n’allait plus le quitter. Le seul travail qu’il décrocha après un an et demi de chômage fut un poste de responsable marketing et communication dans une petite société.

Quand on a été enfant de chœur, issu d’une bonne famille catholique de Bourgogne, il y avait de quoi tiquer lorsque la seule entreprise désireuse de vous embaucher était une société familiale spécialisée en lingerie fine et sex-toys. Naughty You lui offrait un poste sur mesure, en adéquation avec ses compétences, mais elle prospérait dans un domaine d’activité qui était à mille lieues, Nathaniel l’avait vite compris, de ses appétences propres et de ses centres d’intérêt. S’il avait refusé ce poste, il n’aurait plus eu qu’à plier bagage et à rentrer chez ses parents. Plutôt qu’une marche arrière forcée vers Dijon, il avait préféré aller de l’avant, même à contrecœur, convaincu que toute expérience était bonne à prendre. Son échec, car il percevait les choses ainsi, incapable qu’il était de trouver un emploi à la mesure de ses idéaux, serait moindre dans ce sens-là.

Pour combler le manque d’épanouissement qu’il ressentait dans son travail et afin d’élargir son réseau de connaissances, il avait envisagé de s’investir dans une association. Il en avait rejoint une, plus par hasard que par conviction. Moralis comptait une dizaine de bénévoles dont le grand dessein était de réinsuffler dans la société les valeurs d’antan, oubliées et méprisées, telles que le respect de l’autre, la politesse, la courtoisie, la civilité, l’obéissance aux règles. En un mot, Moralis prônait le retour à la moralité. Mais si le champ d’opération semblait potentiellement infini selon les dires de la présidente de l’association, les moyens utilisés restaient très limités : un blog rarement alimenté, des flyers thématiques, deux conférences annuelles rassemblant chacune trois dizaines d’individus (approximativement les mêmes d’une conférence à l’autre) et une présence mensuelle sur les marchés ou sur le parvis des gares, excepté en hiver où leur dévouement pouvait souffrir quelques relâchements face au risque des rhumes, grippes et gastro-entérites.

La plupart des bénévoles avaient rejoint l’association après avoir subi un traumatisme. L’un avait retrouvé sa voiture défoncée sur un parking alors qu’il lui avait semblé être à peu près bien garé. Un autre pestait sans relâche contre la saleté des trottoirs envahis de crachats, morceaux de verre explosé et chewing-gums, accusés d’avoir causé la mort de son yorkshire bien-aimé. Un troisième soupçonnait une famille de Roms, qu’il estimait à une cinquantaine d’individus, de venir déféquer dans la cour intérieure de son immeuble alors qu’ils utilisaient déjà le petit square d’à côté pour leurs besoins. Un autre encore se plaignait des jeunes de la banlieue qui venaient exprimer leurs talents artistiques sur les murs de l’école maternelle et de la maison paroissiale. Tous s’inquiétaient de l’incivilité grandissante dans les transports en commun, jusque dans les restaurants ou chez les commerçants. Ils se disaient avant tout victimes de cette dépravation morale contre laquelle ils devaient lutter pour remettre un peu d’ordre dans la société. Même leurs députés et élus locaux ne levaient pas le petit doigt pour leur venir en aide malgré leurs nombreuses sollicitations et la menace de sanction lors des prochains scrutins.
Au grand étonnement des autres bénévoles de l’association, Nathaniel ne se plaignait de rien et n’avait jamais subi de préjudice moral. D’aucuns pensèrent qu’il était adepte du bouddhisme. Tous se trompaient. L’engagement de Nathaniel s’apparentait en réalité à un service d’intérêt général et une seule personne au sein de l’association le savait pertinemment. S’il ne s’autoproclamait pas victime, c’était, qu’en vérité, il était coupable, pris en faute pour un fait d’incivilité sous l’œil sévère de Moralis incarnée ce jour-là par sa présidente. Un beau matin de printemps, il avait en effet attaché son vélo à une barrière de trottoir le temps d’acheter un paquet de cigarettes. La présidente se rendait au même moment chez ce buraliste pour l’achat d’un carnet de timbres. En sortant, il avait failli la renverser : par peur de chuter, elle avait eu le réflexe de reculer mais le guidon du vélo de Nathaniel avait semble-t-il été inconvenant à l’égard du postérieur de la vieille dame. Elle grommela en espérant qu’il traverserait la rue avec autant d’empressement que pour sortir du magasin, de préférence à un moment où une voiture lancée à vive allure subirait une défaillance au niveau de ses freins. Lorsqu’elle le vit enlever le cadenas de son vélo, elle l’apostropha violemment :
— Jeune homme, on ne vous a pas dit que les trottoirs étaient faits pour les piétons et pas pour le stationnement des vélos ? Si vous étiez en fauteuil roulant, vous pensez que vous arriveriez à passer ? Votre vélo prend un tiers du trottoir ! Et quand vous sortez d’un magasin, regardez où vous allez, vous avez failli me renverser !
— Sincèrement désolé, je ne vous avais pas vue entrer ! Quant à mon vélo, vous avez raison, ce n’est pas sa place ici ! Mais il n’y a nulle part pour les garer dans ce quartier et si vous avez besoin de faire une petite course rapide…
— Faites attention la prochaine fois ! Mon gars, t’as intérêt à l’avenir à le mettre ailleurs ton vélo sinon je te crève les pneus !
— Je le mettrai dans un passage plus large où il dérangera moins. Ma petite vieille, quand on a toute la journée pour faire ses courses, on choisit son moment pour sortir, quand les autres sont déjà au boulot par exemple !
— Mais dites donc, vous travaillez dans le coin, non ? Je suis sûre de vous avoir déjà vu !
— Pas très loin !
— C’est un beau quartier ! Mais je suppose qu’on ne choisit pas son travail en fonction de cela… Moi j’habite ici depuis plus de trente ans, c’est l’un des endroits les plus charmants de Paris.
— J’aime aussi, oui ! Mais j’habite en dehors de Paris, en banlieue. Va falloir me lâcher, là, je vais être en retard !
— Et vous prenez le train avec votre vélo ? Pas très pratique, si ?
— Non, j’ai trouvé un petit local dans le coin où je peux le laisser pour la nuit mais je ne suis jamais sûr de le retrouver en entier le lendemain.
— Eh bien j’ai une solution pour vous ! Nous avons une petite cour intérieure dans mon immeuble, où on range les poubelles, les poussettes, les vélos. Je peux peut-être vous dépanner ? Je suis amie avec la concierge et surtout je fais partie du conseil syndical.
— C’est gentil mais… C’est clair que ça me dépannerait !
— On dira que vous faites partie de l’association, ses locaux sont au premier ! Je vous en toucherai deux mots, si jamais on vous questionne. Mon petit gars, tu ne vois rien venir mais je peux te dire qu’avec moi, c’est donnant donnant ! Je te dépanne pour ton vélo, tu me donnes un coup de main à l’association !
— Ben écoutez, sincèrement, ça serait sympa ! C’est vrai que je ne sais plus trop comment faire avec mon vélo ! Et le prendre dans le train, vu qu’on est déjà entassés, c’est impossible !
— Passez me voir ce soir si vous pouvez, on va s’arranger.

Elle lui remit un petit bout de papier, une vieille note de pressing sur laquelle, d’une écriture élégante et fine, elle avait inscrit son adresse et son nom. Anna Marchall Borowski. Il n’aurait qu’à sonner à l’interphone et elle descendrait lui montrer où garer son vélo dans la cour. Madame Marchall se montra très persuasive lorsqu’il vint, le soir même. L’affaire du stationnement de son vélo réglée, il n’avait pas d’autre choix que d’accepter de lui donner un petit coup de main au sein de Moralis. Ils se serrèrent chaleureusement la main avant de se quitter :
— Rentrez bien, Nathaniel. Et j’attends de vos nouvelles pour qu’on puisse s’organiser ! L’expérience va vous plaire !
— Merci Madame Marchall, merci pour tout ! Et merde ! J’avais bien besoin de ça ! J’aurais dû lui dire non ! Je garais mon vélo, je disais bonjour de temps en temps, une boite de chocolats à Noël et voilà ! Ça va me bouffer encore un peu plus de temps, pour une association débile de vieux réac !

La semaine suivante, il créait leur blog, Moralis on line, et rédigeait son premier article dont le thème et le titre lui avaient été imposés : « Cordialité et galanterie, retour au civisme pour vivre heureux dans son quartier. »