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L'aveu mortel de Julien Budin
« le: jeu. 5 juil. 2018 à 18:00 »
L'aveu mortel de Julien Budin

1

Jeudi 12 octobre 2017

Le grésillement de l’ouverture électronique résonna pendant un long moment dans le couloir et la porte se referma dans un bruit sourd suivi du cliquetis des clés.
L’homme, les cheveux blanchis par l’âge et la barbe épaisse, jeta son maigre bagage sur son épaule et s’avança dès qu’il en eut reçu l’autorisation. S’il y avait bien une chose qu’il avait apprise au cours des treize années passées derrière ces murs, c’était justement à obéir. Il n’y avait pas de place pour la prise d’initiative personnelle. Les premiers temps il avait eu beaucoup de mal avec ces règles, car ce qu’il abhorrait par-dessus tout c’était précisément qu’on lui dise ce qu’il devait faire, de quelle manière, et à quel moment il devait s’exécuter. C’était encore plus dur pour lui, lorsque la personne qui donnait l’ordre portait un uniforme. Au fil des années, il avait appris, souvent à ses dépens, qu’il n’avait pas son mot à dire. Il était devenu plus docile, et s’était rendu compte que cela pouvait s’avérer utile.
Il passa la porte et lorsque cette dernière fut refermée, il fut autorité à suivre le gardien. Seul le bruit de leurs pas et les clés qui venaient frapper la cuisse du gardien à chaque enjambée, venaient rompre le silence. Ils n’échangèrent pas un mot jusqu’à ce qu’ils arrivent à un guichet, où il put récupérer ses effets personnels qu’il avait déposés à son entrée ici puis signa un registre. Il n’y avait là les clés d’un appartement, qui aujourd’hui n’était plus le sien, son portefeuille qui contenait quarante-huit euros, et une ceinture.
Il fut ensuite emmené en direction de la sortie. Quand il fut arrivé à l’extérieur, il posa son sac à terre et profita de cet instant. Il avait tellement attendu cet instant de liberté, et il se l’était imaginé à plusieurs reprises, mais à aucun moment il n’avait pensé ressentir des choses aussi éloignées l’une de l’autre. Dans un premier temps il éprouva une sorte de déception. En effet, on l’avait raccompagné jusqu’à cette porte et il l’avait franchi sans aucune autre forme de cérémonie. Ensuite, il réalisa qu’il était enfin dehors et il eut l’impression que cela se passa exactement comme dans les films. Cela le fit sourire, et ce n’était pas une chose courante. Il se retrouva sur le seuil de cette porte, seul, avec son sac à ses pieds. La rue était déserte. Il ferma les yeux brièvement pour profiter de cet instant, malgré la pluie fine de l’automne qui tombait, quand il fut tiré de ses pensées par le bruit d’un klaxon. Il tourna la tête dans la direction d’où venait le bruit, et il aperçut Eddy qui lui fit signe. Il ramassa son sac et s’approcha à grandes enjambées de la vieille 206 cabossée, puis monta à l’intérieur. Les deux hommes se serrèrent la main et, sans dire un mot, la voiture fila immédiatement à travers la campagne. Ils n’avaient pas tellement envie de traîner dans les parages.

2

Vendredi 8 décembre 2017

Quand il ouvrit les yeux, Thomas ne saisit pas immédiatement où il se trouvait.
Il faisait nuit noire et il ne parvenait pas à discerner son environnement. Il cligna des yeux à plusieurs reprises en espérant que ses yeux s’habituent à l’absence de lumière. Soudain, il sentit un courant d’air froid, et de l’eau qui lui tombait sur le visage. Cela acheva de le réveiller et mit tous ses sens en éveil.
Il eut la désagréable surprise de constater que sa jambe droite refusait de lui obéir. Il insista et essaya de bouger, mais la manœuvre lui arracha un cri de douleur. Il haleta tant la souffrance était forte, mais le mouvement saccadé de sa respiration mit en exergue une autre douleur qui lui barrait la poitrine. Il essaya alors de se calmer en prenant de profondes inspirations.
Lorsque sa respiration eut retrouvé un rythme normal, il entreprit d’explorer son environnement à l’aide de ses mains en évitant de faire des mouvements superflus.
Quand sa main droite se posa sur le levier de vitesse et sa main gauche sur le volant il comprit aussitôt où il se trouvait. Il réalisa que la douleur thoracique était due à la ceinture de sécurité qui l’avait empêché de traverser le pare-brise. Sa jambe quant à elle semblait coincée sous le volant, mais il parvenait pas à voir ce qui l’entravait, tant il faisait noir.
Thomas essaya d’attraper son téléphone portable, qu’il avait eu la bonne idée de glisser dans la poche gauche de son pantalon plutôt que de le poser sur le tableau de bord. Cette mauvaise habitude le rendrait peut-être stérile un jour, mais cette nuit elle lui permettrait de prévenir les secours. Il se contorsionna comme il put en poussant de petits gémissements, le moindre mouvement amplifiant ses douleurs.
Quand il l’attrapa, ce dernier manqua de lui glisser des doigts, mais il le rattrapa in-extremis. Il appuya sur le bouton pour déverrouiller l’écran mais rien ne se passa. Il insista, vainement. Il ne savait pas ce quoi faire dans cette obscurité, quand il eut l’idée de chercher l’interrupteur pour allumer le plafonnier de la voiture. Il pourrait ainsi voir ce qui empêchait son téléphone de s’allumer, même si au fond de lui il s’en doutait déjà. Quand il l’eut enfin trouvé il ne put que constater l’état dans lequel son téléphone se trouvait. Ce dernier avait été endommagé dans l’accident et l’écran était fissuré. Il insista tout de même pour essayer de l’allumer en appuyant aussi fort qu’il put sur la touche, mais sans succès. Il jeta violemment ce dernier dans l’habitacle, lui arrachant un cri de douleur. Maintenant qu’il y voyait clair, il entreprit de regarder autour de lui.
La première chose qui le frappa, fut que cette voiture n’était pas la sienne. Il ne possédait qu’une vieille Clio dont l’intérieur était en piteux état, contrairement à l’Audi dans laquelle il se trouvait. Il constata que tout ce qui se trouvait dans la voiture était réparti sur le plancher, le pare-brise était fissuré, et la vitre côté conducteur avait volé en éclat. C’est pour cette raison qu’il sentait les gouttes de pluie. L’airbag qui s’était dégonflé et pendait au volant l’empêchait de voir correctement l’endroit où sa jambe se trouvait. Il souleva l’airbag dégonflé et vit ce qui la retenait. Elle était emprisonnée sous le tableau de bord, qui sous la violence de l’impact s’était enfoncé.
Malgré la douleur assez supportable quand il ne bougeait pas, la vision de sa jambe qui semblait avoir un angle anormal lui donna des sueurs froides. Il se mit à frissonner et la panique le gagna. Un tas de questions lui traversèrent l’esprit.
Que faisait-il dans cette voiture au beau milieu de la nuit ? Où se trouvait-il ? À qui appartenait cette voiture ? Comment avait-il eu cet accident ? D’où venait-il et où allait-il ? Comment pouvait-il faire pour s’extraire du véhicule ?
Autant de question qui restèrent sans réponse, mais qui ne firent qu’accroître la panique. Thomas essaya de se ressaisir en commençant par respirer calmement. Il réfléchit et se dit qu’il devait avant tout sortir de cette voiture et se faire soigner. Pour le reste il verrait plus tard.
Il regarda sa montre et y lut qu’il était 22:47. Il chercha alors à bouger, en essayant de tirer doucement sur sa jambe, mais elle refusait obstinément de lui répondre, et ce mouvement lui arracha un nouveau cri de douleur.
Soudain une lueur apparut dans son rétroviseur, et le bruit d’un moteur se fit entendre. Thomas se dit qu’il était sorti d’affaire. Il poussa un soupir de soulagement en posant sa tête sur l’appui-tête et attendit, tout en observant dans le rétroviseur. Il entendit plus distinctement le vrombissement du moteur et vit les phares qui se rapprochèrent. Cependant lorsque le véhicule fut suffisamment proche pour que Thomas pense qu’il allait s’arrêter, ce dernier le dépassa sans même ralentir, et il put enfin apercevoir, très rapidement, où il se trouvait et ce qui l’entourait.
Tout se passa en une poignée de secondes, mais il eut tout de même le temps d’analyser rapidement son environnement. Il constata qu’il était en contrebas de la route, dans un petit ravin, et qu’il n’était pas visible des véhicules qui passaient. La voiture dans laquelle il se trouvait, était retenue par des arbres, qui avaient empêché que cette dernière ne tombe plus bas. Il allait falloir qu’il trouve un moyen pour signaler sa présence afin qu’on l’aide à se sortir de là, parce qu’avec le froid et la pluie qui tombait, il n’était pas sûr de survivre à cette nuit.
"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé" (Voltaire)

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