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Auteur Sujet: Le tueur invisible de Angelo Casilli  (Lu 442 fois)

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Le tueur invisible de Angelo Casilli
« le: jeu. 21/05/2020 à 18:09 »
Le tueur invisible de Angelo Casilli

LE TUEUR INVISIBLE




Prologue


  Il s’agita à nouveau nerveusement dans son lit, basculant sa tête d’un côté à l’autre. Chaque fibre, de son corps, luttait pour empêcher le destin de s’accomplir. Mais l’histoire était écrite depuis longtemps et personne n’a le pouvoir de remonter le temps pour changer le cours des choses.
  La bouteille de vin, vidée de son contenu, avait trouvé un instant de répit en se calant entre ses jambes, mais les mouvements répétitifs et désordonnés qui reprirent brutalement la ballottèrent comme une barque malmenée sur une mer déchaînée. Le bruit qu’elle fit en tombant sur le sol, puis en roulant sur le parquet avant de percuter ses consœurs, ne le réveilla même pas. Il espérait trouver dans une surconsommation d’alcool le pouvoir d’annihiler ses cauchemars. Mais ça eut l’effet inverse et ne contribua qu’à les prolonger.

  Antalville, juillet 2010

  — Nathan ! Ne va pas si vite ! lui cria sa mère. Tu vas finir par blesser quelqu’un.
  — Je fais attention, maman, lui répondit le petit garçon tout heureux d’inaugurer son vélo pendant ses vacances scolaires.
  — Je sais, mon ange. Mais attends-nous quand même !
  — Tu t’inquiètes trop, lui dit son mari. Il ne risque rien sur le trottoir.
  — Je le sais bien, mais c’est plus fort que moi. Je dois tenir ça de ma mère.
  Un établissement attira son attention.
  — Tiens, regarde ce café ! Il m’a l’air accueillant. On s’arrête pour boire un verre ?
  — Non, ça suffit comme ça, Paula ! On a déjà bu deux bières ce matin. Souviens-toi ce que t’a dit ton médecin !
  Au loin, le son d’une sirène qui se rapprochait l’angoissa à nouveau.
  — Ce sont les pompiers, tu crois ? lui demanda-t-elle.
  — Non. C’est la police. Encore un qui va voir son budget vacances amputé de cent trente-cinq euros, lui répondit-il en plaisantant pour tenter de la décrisper.
  Elle jeta instinctivement un œil en direction de son fils et se rassura très vite en le voyant toujours sur le trottoir, slalomant entre les quelques passants qui s’écartaient bien volontiers pour le laisser passer en lui adressant un sourire.
  — Attends-nous, mon chéri ! lui cria-t-elle une nouvelle fois.
  — Laisse-le donc un peu, Paula ! lui répéta son mari. Après tout, il n’y a pas grand monde en cette période estivale.
  — Non, c’est sûr. Tout le monde est parti en vacances… pas comme nous.
  — Oh non, tu m’avais promis. Ne recommence pas avec ça, s’il te plaît ! Ce poste à la High Tech Electronic Equipment est une aubaine pour nous. Je ne pouvais pas me permettre de laisser passer l’occasion. Je te promets qu’on se rattrapera l’année prochaine.
  Mais le manque d’alcool se faisant à nouveau sentir, ses paroles ne firent qu’exacerber sa déception et prit un ton aigri en affichant une moue de dégoût.
  — Je n’aime pas cette ville. Je n’aime pas ce quartier où nous avons emménagé. Tout est désert. Même le parc est abandonné. Et cette maison… qui donc a bien pu avoir le mauvais goût de peindre la façade en vert ?
  — Mais ça, ce n’est pas un problème, Paula. J’admets qu’on l’a prise à la va-vite. Mais rien ne nous oblige à rester là. On déménagera sitôt qu’on aura trouvé un endroit qui nous plaît.
  — Maman ! Le petit bonhomme est vert, cria le petit Nathan.
  Mais ses parents, absorbés par leur discussion, ne l’entendaient plus. Et plus que tout, ils ne le voyaient pas face au passage piéton qui l’invitait à traverser. Du haut de ses huit ans, il se sentait capable d’atteindre le trottoir en face qui l’appelait comme un défi à surmonter.
  Après tout, que pouvait-il craindre ? Ses parents n’avaient pas répondu, signe qu’il n’y avait aucun danger, sinon ils le lui auraient interdit, c’est sûr. Il savait aussi qu’il ne devait jamais traverser tant que le petit bonhomme n’était pas vert. Et il était vert. Et que risquait-il, protégé par son casque, de couleur bleue, à l’effigie de Spiderman, qui lui insufflait le courage nécessaire ? Toutes les conditions étaient réunies pour tenter l’exploit.
  Le son de la sirène devenait plus intense. Oppressant. Les passants s’arrêtèrent maintenant de marcher, jetant des regards au hasard des rues, pour en trouver la provenance.
  Soudain, une voiture déboula en direction du carrefour, tentant d’échapper aux forces de police.
  — Tu avais raison, dit Paula. C’était bien la police. Pourquoi lui courent-ils après ?
  — Je ne sais pas, mais délit de fuite en plus, celui-là va casquer. ATTENTION ! IL VA GRILLER LE FEU. IL VA PROVOQUER UN ACCIDENT.
  Mais il aurait mieux valu pour eux qu’un véhicule quelconque vienne se mettre en travers de sa route pour l’obliger à ralentir ou à dévier sa trajectoire. Hélas, il continua sa course folle sous l’œil horrifié des passants qui réalisaient maintenant la tragédie qui se préparait.
  Paula tourna la tête et chercha désespérément du regard, son fils sur le trottoir. Les battements de son cœur se mirent à s’accélérer brusquement. Il avait disparu. Des cris, de l’autre côté de la route, attirèrent son attention et la crucifièrent sur place.
  C’est avec horreur qu’elle vit son petit Nathan, pédalant rapidement pour atteindre l’autre versant. Une vieille dame tenta désespérément de l’attraper dans un geste vain.
  — VITE ! VITE, PETIT ! lui cria-t-elle.
  Des passants s’apprêtaient à risquer leur vie en s’élançant vers lui. Mais il était trop tard. Son destin était déjà scellé. Impitoyable.
  Sa mère sentit ses forces l’abandonner. Un cri terrifiant, qui sortit des entrailles de son âme, déchira l’air en se mêlant au bruit du choc.
  — NATHAN, hurla-t-elle en voyant le vélo propulsé dans les airs.
  Un casque bleu vint se fracasser contre la lunette arrière d’un véhicule en stationnement, une dizaine de mètres plus loin.
  — Mon Dieu, lâchèrent des témoins en portant les mains à leur visage.
  Le père du petit garçon s’élança aveuglément vers lui.
  Paula, effondrée, genoux à terre, continuait de crier en tendant ses bras en avant, suppliant qu’on lui rende son fils, indifférente aux mains compatissantes qui se posaient sur elle.
  Son mari se laissa tomber près de son fils et le prit dans ses bras en pleurant toutes les larmes de son corps, levant les yeux au ciel pour implorer un miracle qui n’arriverait pas.
  Le seul qu’on lui accordât fut de se réveiller en sursaut, mettant fin à ce cauchemar.
  Mais l’absence de son fils, au quotidien, n’était que souffrance et le réveil n’était qu’une porte ouverte qui menait à la salle d’attente de l’enfer où il y avait rendez-vous chaque nuit. 





La place des arts


  De nos jours.

  Jack Lewis filait à toute allure dans sa voiture banalisée. La sirène qu’il avait actionnée si souvent n’émettait pas cette fois son timbre habituel. Elle hurlait ce jour-là un son angoissant qui annonçait la mort. Même la lumière de son gyrophare semblait dégager des reflets noirs.
  — Réponds, Henry ! Allez, réponds ! criait le commissaire Lewis à son téléphone portable qu’il avait mis sous haut-parleur.
  Son journal d’appels lui indiquait que l’inspecteur Henry Wendling avait tenté de le joindre une dizaine de fois sans succès. Et las d’attendre, il aura certainement mis de côté son mobile pour passer quelques instants avec sa famille. Et il le méritait bien. Cette affaire les avait tous fatigués. Il devait se poser bien des questions depuis ce matin.
  Le commissaire roulait à tombeau ouvert. Les flashs des radars automatiques crépitaient sur son passage, faisant penser à ceux des appareils photo des journalistes qui mitraillaient des célébrités à leur arrivée. À cet endroit, la circulation était encore fluide, mais plus il s’approchait de la place des arts, plus elle devenait intense. Les automobilistes se rangeaient sur le côté pour le laisser passer au fur et à mesure qu’ils l’apercevaient dans leurs rétroviseurs. Mais ils le ralentissaient encore de trop et il dut prendre le risque de rouler entre les deux voies pour ne pas percuter une voiture.
  Il lui fallait faire vite, très vite. Dans moins d’une vingtaine de minutes, une personne allait mourir. Le tueur allait faire une énième victime et attendait cette fois le commissaire sur la place des arts. Tous les feux étaient au vert, même les rouges.
  Une voix envahit soudain l’habitacle.
  — Jack, bon sang. Où étais-tu passé ? J’ai essayé de te joindre toute la matinée. Charles est furax et je ne te parle même pas du juge. Il veut te voir absolument.
  — Oublie le juge pour le moment, Henry ! Il y a plus urgent. Je n’ai pas le temps de t’expliquer.
  — Oublier le juge ? Mais qu’est-ce qu’il te prend, Jack ? Tu deviens fou ? Et pourquoi as-tu actionné ta sirène ?
  Jamais Henry n’avait encore osé lui parler sur ce ton, mais il faut dire que ce tueur insaisissable, qui les défiait depuis deux mois, avait mis tout le monde sur les nerfs. Les cadavres s’accumulaient à une vitesse effrayante. Jamais un tueur en série n’avait fait autant de victimes dans la région. Antalville vivait des jours de terreur sans précédent et la presse s’en faisait les échos, révélant l’impuissance de la police à l’arrêter.
  Et Jack, qui disparaissait subitement sans aucune explication, n’arrangeait en rien la situation. Tout le monde était pourtant au courant de ses virées nocturnes dans les bars, de ses gueules de bois le matin à la brigade, de ses retards. De nombreux policiers avaient été témoins de ce qu’il avait vécu et le soutenaient. Mais quand c’était le juge qui le cherchait, ça faisait du bruit.
  — Henry, pour l’amour du Ciel, écoute-moi ! Où es-tu en ce moment ?
  — Chez Marco, le restaurant italien. On y avait déjà été pour…
  Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que Jack reprit aussitôt.
  — C’est parfait. Tu n’es pas loin de la place des arts, alors. Tu peux y aller à pied. Vas-y immédiatement ! Je te rejoins bientôt.
  — Mais attends, enfin ! Pourquoi ne veux-tu pas me dire ce qui se passe ? Je suis à table avec Suzie et les enfants.
  — Fais comme je te…
  L’inspecteur entendit soudainement un crissement de pneus, des coups de klaxon, puis à nouveau le commissaire.
  — Bon sang, j’ai bien failli me prendre une voiture de plein fouet. Dis à Suzie que tu es désolé et que tu dois partir. Préviens Paul, aussi ! Dis-lui qu’il se ramène avec toute l’équipe ! Ensuite, rappelle-moi !
  Henry ne l’avait jamais vu dans cet état-là. Il réalisa soudain que c’était très sérieux et se leva immédiatement de table, coinçant son portable, entre la tête et son épaule, pour enfiler sa veste.
  — Une autre victime en vue, Jack ?
  — Je te garantis que ce sera la dernière. Dépêche-toi ! Demande à Paul qu’il essaie de joindre le juge et qu’il l’informe de la situation ! On va arrêter le tueur.
  — Bien, Jack. Je fonce.
  Il embrassa rapidement sa femme et ses enfants, se confondant en excuses.
  — Suzie, c’est Jack. Il a des ennuis. Je suis désolé, mais je dois filer. Je t’expliquerai.
  Puis, il s’adressa à ses deux garçons.
  — Soyez gentils avec maman ! Promis ?
  — C’est promis, papa, répétèrent en chœur les enfants.
  — Mais enfin, Henry ! lança Suzie, dépassée par la situation.
  Mais ses paroles ne trouvèrent aucun écho. Il avait déjà quitté le restaurant et appelait Paul pour lui passer les consignes.
  Lorsqu’il rappela le commissaire, il se trouvait déjà devant la place des arts. Cette dernière a vue s’ériger au fil du temps des statues représentant entre autres des divinités grecques et romaines.
  En ce début d’octobre, l’été semblait ne plus vouloir finir et empiétait depuis trois semaines déjà, sur la période automnale. Ce qui n’était pas pour déplaire aux passionnés d’art qui profitaient de la moindre journée ensoleillée pour venir visiter ce lieu.
  La place grouillait de monde et n’était pas propice à une opération de police. À croire que le tueur avait choisi son jour en fonction de la météo.
  — Jack ! J’y suis. Il y a beaucoup de monde, bordel.
  — C’est ce que le tueur voulait depuis le début. Il veut montrer à tout le monde que c’est lui qui maîtrise la situation. Écoute-moi attentivement, Henry ! Il est là, il m’attend.
  — Mais je ne comprends pas. Comment peux-tu en être sûr ?
  — Crois-moi ! Il sera là. Fais très attention ! Quelque chose va se passer près d’une statue. Il faut que tu la cherches. Je sais qu’il y en a beaucoup sur la place, mais il faut que tu en trouves une en particulier : celle d’Asclépios. On n’a pas beaucoup de temps. N’hésite pas à demander autour de toi. Il doit bien y avoir quelqu’un qui peut t’y conduire.
  — Asclépios, tu dis ? J’y vais.
  Henry s’adressa à la foule tout en gardant son portable plaqué contre son oreille.
  — Écoutez-moi, tout le monde ! cria-t-il en montrant sa plaque. Votre attention, s’il vous plaît ! Inspecteur Wendling, brigade criminelle. C’est très important.
  Les gens à proximité se retournèrent, surpris. Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste en direct à une opération de police.
  — Quelqu’un peut-il m’indiquer où se trouve la statue d’Asclépios ?
  Il demanda plusieurs fois en balayant la foule du regard, cherchant une réaction. Un bouche-à-oreille commença, chacun passant le message à son voisin. Quelqu’un ne tarda pas à se manifester.
  — Par ici, inspecteur ! Je sais où elle se trouve.
  Un homme, barbu, portant un chapeau de paille et des lunettes, lui faisait de grands signes de la main. L’inspecteur se dirigea vers lui.
  — Je suis professeur d’histoire, alors c’est…
  — S’il vous plaît, monsieur ! Guidez-moi ! Je n’ai pas beaucoup de temps, lui répondit-il sèchement en lui coupant la parole.
  — Bien. Suivez-moi ! Je suis désolé, mais je ne peux pas aller plus vite.
  — Mettez-moi dans la bonne direction ! Ça ira.
  Les gens s’écartaient, coopératifs, pour faciliter leur passage.
  — C’est bon, Jack ! Je me dirige vers la statue.
  — Quand tu la verras, tu comprendras pourquoi il a choisi celle-là.
  — Voilà, inspecteur. On la voit d’ici. C’est celle-là ! Lui indiqua le professeur d’histoire.
  — Merci de votre coopération, monsieur. Vous pouvez rester là, maintenant !
  — Bien, inspecteur.
  Henry continuait seul maintenant, se demandant quelle horreur il allait encore découvrir. La statue n’était plus qu’à une vingtaine de mètres, mais il pouvait déjà nettement voir le haut.
  — Tu avais raison, Jack. J’ai compris ce que tu voulais dire.
  — Dis-moi quand tu y seras !
  — Quel enfoiré ! Il avait prévenu les médias, ils sont déjà là avec leurs caméras. Je n’ai pas besoin de te dire qui les accompagne.
  — Non. Je m’en doute.
  — Mais au moins cette fois, elle s’est ramenée avec des policiers. Ils viennent vers moi.
  — Tant mieux. Tu vas en avoir besoin.
  — Inspecteur Wendling, brigade criminelle, leur cria-t-il en montrant sa plaque avant de sortir son arme. Faites évacuer les gens tout autour de cette statue ! Vite, s’il vous plaît !
  — Bien, inspecteur.
  Henry continua sa progression.
  Dix mètres.
  Les policiers eurent vite fait de créer un couloir jusqu’à Asclépios et commençaient maintenant à faire le vide tout autour, tentant de gérer au mieux la panique qui s’emparait des visiteurs.
  — Jack ! J’y suis presque.
  Cinq mètres.
  — Dis-moi ce que tu vois, Henry !
  Les derniers curieux, intrigués par ce qu’ils voyaient, restaient immobiles et bloquaient la vue à l’inspecteur.
  — On dirait qu’il y a quelqu’un devant la statue, Jack. Des gens lui parlent, mais je n’arrive pas à le voir.
  Deux mètres.
  — Rejoignez les autres, s’il vous plaît ! s’écria-t-il.
  En voyant l’inspecteur serrant son Sig-Sauer entre ses mains, le canon pointé vers le haut, ils ne se firent pas prier pour s’éloigner.
  — Nom de dieu, Jack ! cria Henry, essoufflé.
  — QUOI ? QUE SE PASSE-T-IL, HENRY ?
  Les policiers commençaient à disposer lentement leurs véhicules en cercle autour du monument, les utilisant comme rempart pour créer un périmètre de sécurité. Les lumières des gyrophares formaient un étrange ballet autour d’Asclépios et semblaient lui donner vie.
  — Jack ! reprit l’inspecteur d’une voix étouffée en rangeant son arme dans son étui. Dépêche-toi ! Il faut que tu te ramènes au plus vite !
  — QU’EST-CE QUE TU VOIS, HENRY ? DIS-MOI, BON SANG !
  L’inspecteur marqua un petit temps d’arrêt, afin de reprendre sa respiration, puis cria de toutes ses forces.
  — FOOOOOOOONCE, JACK !
  Cette fois, une peur indicible commença à envahir le commissaire.
  Il aurait donné n’importe quoi, pour que tout ceci ne soit qu’un cauchemar, qu’il se réveille et que la vie reprenne son cours, comme si rien ne s’était passé.
  Comment en était-il arrivé là ? pensait-il.
  Pour le comprendre, il fallait remonter le temps.
  Il fallait revenir au jour où tout a commencé, par une belle journée d’été, deux mois plus tôt.


"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé" (Voltaire)

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