04/12/21 - 02:33 am


Sites amis

Auteur Sujet: Le buffet - Lancelot Cannissié  (Lu 47 fois)

0 Membres et 10 Invités sur ce sujet

Hors ligne cnslancelot5930

  • Néophyte
  • *
  • Messages: 18
  • Sexe: Homme
    • Les petits mots de Lancelot
Le buffet - Lancelot Cannissié
« le: mar. 23/11/2021 à 19:38 »
Bonjour à tous !!  :bonjour:

Comment allez-vous ?

Voici une autre micronouvelle tirée de Peur primale et autres récits

Bonne lecture à tous !!  :pouceenhaut:


Le buffet
 
Il était tard ce soir-là. Pour rentrer plus vite, j'avais décidé de prendre un raccourci par les bois.
   Il pleuvait et l'orage grondait au-dessus de ma tête. Aussi courus-je, la peur d'être foudroyé me bouffant les pauvres entrailles. Les gouttes de pluie noyaient mes lunettes ainsi que ma vision, je ne voyais même pas à dix mètres. Soudain je trébuchais sur une grosse racine, du moins je conclus qu'il s'agissait d'une racine, me claquai le genou par terre, ainsi que la tête. Je tentais de me relever, sentant une douleur fulgurante dans la jambe et un sérieux mal de crâne. Je dus faire un effort considérable pour reprendre ma course, titubant par moment. J'avais presque atteint l'orée du bois quand un éclair vint frapper l'arbre juste devant moi. Celui-ci prit feu et tomba sur moi. Je voulus l'éviter mais ma foutue jambe m'en avait empêché et je fus prisonnier de son tronc massif enflammé. Je suffoquais à cause de la fumée et les flammes dévoraient mon corps. Je me croyais en enfer, même si l’enfer me paraissait plus supportable, à vrai dire.
Ma respiration se faisait hésitante et bientôt je sentis mon esprit partir, s'envoler avec les morceaux de chair au vent. Puis je m'évanouis totalement pour me retrouver dans une sorte d'immense tunnel. Au bout de celui-ci, je vis la lumière, cette fameuse lumière d'un blanc éclatant, d'une pureté sans égale. Je savais ce que cela signifiait...j'étais mourant. Je regardais en arrière, aucune échappatoire. J'avais peur. Était-ce vraiment la fin ? J'ai bien peur que oui, hélas. Et cette fichue lumière, je ne voulais pas y aller mais elle m'attirait tel un papillon de nuit. A croire que l'on ne peut échapper à son destin.
Je décidais donc, résigné, de me diriger vers cette dernière. J'étais aveuglé, ne voyais rien. Il n'y avait aucun bruit, aucune odeur ni rien de palpable à la ronde. La seule chose que je sentais était le sol sous mes pieds. Je voulus le ressentir, absorber mon nouvel environnement. J'enlevai mes chaussures et je sentis des milliers de brins d'herbe me chatouiller la plante des pieds. Je mis un certain temps à m'acclimater, à percer au travers de cette lumière mais je finis par voir où j'avais atterri. C'était un immense champ, empli de fleurs en tout genre ; coquelicots, tulipes et autres dansaient en musique...musique qui provenait d'un petit cottage bordant un immense lac.
Je me dirigeais vers ce dernier, curieux de voir l'intérieur, voir s'il était habité. Je frappais par politesse à la porte, personne ne répondit. J'entrouvris doucement, passant la tête dans l'interstice. Le cottage semblait vide. Je sondais les lieux et là je vis une faible lueur filtrer sous l'une des portes qui devaient mener aux différentes pièces. J'entrais et me dirigeais vers celle-ci. Je ne pris même pas la peine de frapper, pensant que de toute manière la maison était pour le moment inoccupée.
Là, je me retrouvais dans une immense pièce, éclairée par un seul lustre, serti de pierres précieuses qui reflétait sur les murs. Devant moi, se dressait une table, immense, assez pour y inviter une cinquantaine de convives. Dessus des plats en tout genre, de la dinde aux marrons, aux diverses pâtisseries et autres mignardises.
Toutes ces délicieuses choses et personne pour les manger. Nul doute, j'étais au paradis.
Et à cet instant, souhaitant ne jamais me réveiller de cette forêt, je décidais d'élire domicile dans cette somptueuse demeure.
Ce ne fut que des heures plus tard que je me rendis compte que le buffet se remplissait de lui-même. A chaque plat dévoré, un autre apparaissait.
Voilà comment était mon paradis.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





No comments for this topic.